Les investisseurs ne vont sans doute pas sabler le champagne. Le millésime boursier 2011 aura été, en effet, très décevant. La très grande majorité des principaux indices actions a baissé et les écarts sont marqués :

la zone euro a lourdement souffert de la crise de la dette, l’indice euro stoxx 50 finit en baisse de 17,7 %, en France le CAC 40 termine à - 17 %. Les pays émergents ont également plongé sur des craintes de montée de l’inflation et de dégradation de la croissance internationale. Ils finissent l’année sur un recul de 16,4 %. Seuls les Etats-Unis ont résisté malgré la perte du sacro-saint AAA et les inquiétudes sur la santé économique de l’oncle Sam. Le Dow Jones s’offre un gain de 5,8 % et l’indice S&P 500 est à l’équilibre (+0,1%). Globalement presque toutes les places boursières mondiales sont en négatif, l’indice MSCI Monde finissant l’année a - 8,8 % sa pire performance depuis 2008.

Fait nouveau, les obligations souveraines considérées comme l’actif le plus sur au monde jouant le rôle d’amortisseur de risque à la classe actions, ont montré leurs limites. Habituellement considéré comme une valeur refuge, les emprunts d’états ont évidemment vécu, de très loin, leur pire année. Cette perte de confiance et de crédibilité envers certains pays a également affecté la liquidité et la rentabilité des obligations des entreprises privées qui terminent cependant l’année à l’équilibre.

Globalement, les biens réels finissent 2011 au même niveau qu’ils l’ont commencé. Ce sont les métaux précieux et en particulier l’or qui ont les performances les plus élevées.

Dans ce contexte de crise de dette et de fléchissement marqué de l’activité nous avions conseillé d’adopter tout au long de l’année 2011 une profil d’épargne prudent en limitant la partie exposée de l’épargne à 20 % de l’épargne totale comme décrit ci-dessous pour un patrimoine financier de 100 000 €

Partie sans risque

Partie exposée

Epargne

liquide

Epargne

projet

Assurance vie

 

Valeurs

mobilières

- Livret Sociétaire

- Autres Livrets

- Plan Epargne Logement
- Dépôt à terme
- Parts Sociales
- Fonds euro PEA* A vie en UC** CTO***

20 000 €

40 000 € 20 000 €

20 000 €

80 %

20 %

 * Plan épargne en actions, ** Unité de Compte, *** Compte Titres Ordinaire

Cette stratégie pour ce profil dépargne nous a permis d’obtenir les performances suivantes :

Pour un profil épargne prudent intégrant un portefeuille PEA : - 0,12 %

Pour un profil épargne prudent intégrant un portefeuille assurance vie : +0,02 %

Stratégie 2012

Nous renouvelons notre recommandation de prudence :

Actions :

En Europe la lente mise en place du mécanisme de sortie de crise visant à assainir les finances publiques et donner un peu plus de fédéralisme à la zone euro, va peser sur la croissance, avec un risque de récession.

Sur cette zone, nous restons investis sur des fonds de conviction (Amundi Sélect France), de thématiques (Amundi Actions restructurations) et plus défensivement sur des fonds à cliquet pour se protéger d’une chute importante de marché (CA Protection Cliquet).

Dans ce contexte de ralentissement global, les Etats-Unis bénéficient de la politique monétaire très accommodante menée par la Fed. Fin 2011, les chiffres de croissance des crédits, de l’emploi et des indicateurs avancés se sont révélés rassurants, éloignant le spectre d’un retour en récession. Cependant ces données semblent difficilement pérennes, vu que la confiance des ménages reste sur des niveaux très faibles, du fait des difficultés structurelles sur le marché du travail et sur celui de l’immobilier.

Sur cette zone, nous restons investis sur le PEA au travers d’Amundi ETF MSCI USA

Les actifs émergents ont été pénalisés par les craintes d’une surchauffe inflationniste au premier trimestre 2011. La baisse des prix des matières premières rend ce risque moins préoccupant à court terme. Plus encore, la crise des dettes souveraines et les risques de ralentissement économique marqué affectent principalement les pays développés et redonnent plus d’attrait aux actifs des économies émergentes.

Sur cette zone, nous restons investis sur Amundi Funds Equity Emerging World.

Obligations :

Le marché des obligations d’états devrait rester malmené tant que la crise de la dette souveraine restera en l’état. Les obligations des entreprises privées (corporate) offrent un potentiel haussier et des risques plus faibles que les obligations souveraines.

Pour cette classe d’actifs, nous restons investis sur Amundi Funds Bonds Euro Corporate.

Biens réels :

De leurs coté les biens réels comme l’or pourraient continuer de bénéficier de l’excès de liquidité mondiale et de jouer leur rôle de valeur refuge en cas d’aggravation de la crise financière.

Pour cette classe d’actifs, nous restons investis sur Amundi Actions Minergior et sur l’OPCI Prem Opcimmo.

En complément et pour être présent sur ces différentes classes d’actifs de manière réactive, nous restons investis sur des fonds diversifiés flexibles qui peuvent à tout moment privilégier dans leur allocation, soit des actions, soit des obligations, soit une tout autre classe d’actifs en fonction des opportunités du moment. (CA Flexible Multi classes et Carmignac Patrimoine).

Compte tenu de ces orientations voila comment se présente le portefeuille valeurs mobilières pour le PEA et l’assurance vie dans un profil d’épargne prudent.

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Au mois de décembre le CAC40 a continué sa fluctuation dans le canal 3200-2800 points au gré des informations sur la situation de la crise de la dette en Europe. Il termine 2011 à 3159.81  points en baisse de 16.95 % depuis le début d’année.

Les prévisions des économistes de Crédit Agricole S. A. pour 2012 ne sont pas très optimistes.
« La zone euro n’échapperait pas à la récession (+0% en 2012, +1,2% en 2013), avec deux trimestres consécutifs de croissance négative au tournant de l’année. Son ampleur et sa durée devraient cependant rester limitées, loin des ordres de grandeur connus en 2009. Malgré les atermoiements politiques actuels, le pari est que les autorités vont finir par délivrer une réponse globale et crédible à la crise des dettes souveraines, capable de rassurer les marchés sur l’avenir de la zone euro, avec l’aide sans doute de la BCE. »

Cependant cette fin d’année connait l’esquisse de quelques bonnes nouvelles macroéconomiques.

Aux USA, le marché immobilier donne des signes positifs  (mises en chantier, ventes de logements anciens), les chiffres du chômage sont en amélioration. La crise en Europe semble avoir peu d’impacts sur les USA.
En Europe, la progression du baromètre IFO montre une amélioration du moral des entrepreneurs en Allemagne au mois de décembre.

Dès le début 2012 nous devrions reprendre les mouvements en dents de scie, les informations macroéconomiques prendront le pas sur la microéconomie, notamment lors des probables dégradations des dettes souveraines européennes.

Il faut garder une position dynamique en prenant régulièrement les bénéfices.

L’environnement est donc  très difficile pour tous les types d’investissements et particulièrement pour les actions, la sélection des valeurs est primordiale, il faut rechercher les grandes entreprises, les grandes capitalisations, possédant des marques fortes et des produits reconnus, dont l’activité est  mondiale avec une exposition aux pays émergents.
C’est le moment pour se constituer un portefeuille de titres en direct et notamment un PEA, la gestion doit respecter des règles précises.

Notre sélection de valeurs, est valorisée à fin décembre 2011 74 000 € en baisse de 5.90% depuis le début d’année. Même si cette performance est négative nous sommes loin des -17% du CAC40 ou de l’Euro stoxx 50. Nous disposons de 6 003 € de liquidités (8.1%).  En voici l’image au 31/12/2011. Pour mémoire, ce portefeuille a été composé en juin 2009, avec un investissement initial de  64 084 €.


En décembre notre selection a fortement évolué : sorties d’Arcelormittal, de la Compagnie Financière RICHEMONT, d’Edenred et de l’Oréal, entrées de The Swatch Group et d’Unibail Rodamco.
La sortie de L’Oréal est purement technique, elle est liée au changement de l’analyste qui suit la valeur, l’opinion reste positive, ne vendez pas cette valeur dans l’attente de la reprise du suivi.
Voici les commentaires.

ARCELORMITTAL
En dépit de l’adoption d’une approche plus conservatrice, nous maintenons une opinion positive sur ArcelorMittal. Bien que l’environnement macroéconomique reste difficile à court terme, nous pensons toujours que le potentiel de revalorisation du titre est intéressant, d’après nos estimations d’EBE à USD 12.7 md pour 2013. A son cours actuel, l’action ArcelorMittal s’échange, en effet, en-dessous de ses multiples de 2009 (notamment Valeur d’entreprise / Capitaux investis), ce qui nous semble injustifié en raison de l’absence de risque de bilan, et ce quel que soit le scénario économique que nous appliquons. Dans le secteur de l’acier, ArcelorMittal offre toujours le meilleur rapport risque / rentabilité. Objectif de cours de EUR 23.00 (sortie de la Sélection de Valeurs, en raison d’une approche plus prudente)

RICHEMONT occupe la position de numéro 2 mondial du secteur du luxe derrière LVMH. Le groupe réalise près de 90% de son chiffre d’affaires avec un portefeuille de marques haut de gamme dans les domaines de la joaillerie (50% du CA 2010/11, avec les marques Cartier et Van Cleef & Arpels), de l’horlogerie (26%, avec les marques Baume & Mercier, Vacheron Constantin, Jaeger Lecoultre, IWC, Piaget, Officine Panerai…) et des instruments d’écriture (10%, avec Montblanc et Montegrappa). Le portefeuille d’activités de Richemont comprend également les marques Alfred Dunhill, Lancel, Chloé, Shanghai Tang et le fabricant d’armes à feux de luxe Purdey. En avril 2010, le groupe a racheté l’enseigne internet anglo-saxonne de mode, Net-A-Porter, qui regroupe près de 300 grandes marques distribuées dans 170 pays.1
Après une année 2011 très soutenue, avec une croissance organique moyenne des ventes de 20% pour le secteur du luxe, nous restons positifs pour 2012 (croissance moyenne attendue : +10% E), principalement en raison d’une demande toujours élevée de la Chine et des clients chinois dans le monde (pour mémoire, 50% des achats en Europe sont effectués par des clients qui ne sont pas citoyens européens, dont un nombre croissant de touristes chinois). Nous adoptons toutefois une approche plus prudente en ce qui concerne les demandes locales européenne et américaine pour tenir compte 1) de la dégradation potentielle du contexte macroéconomique dans les pays développés et 2) du ralentissement relatif du rythme de croissance de la demande chinoise (~15% de la demande mondiale de produits de luxe, ~25% pour les montres), qui a été exceptionnellement élevé jusqu’à présent et devrait atteindre un niveau plus soutenable (~+20% par an sur les 5 prochaines années)

EDENRED est issu de la scission des deux activités de Accor : l’hôtellerie et les services. Cette nouvelle entité est le leader mondial des titres de services prépayés (volume d’émission de EUR 12.4 md en 2009, part de marché de 10%), devant Sodexo. L’activité de Edenred se répartit entre 1) les avantages aux salariés et aux citoyens (part de marché de 33%) : les principaux produits sont les tickets pour la restauration, la garde d’enfants ou encore le transport (88% du volume d’émission en 2009), 2) les services prépayés contribuant à la performance des organisations (12%) : ce marché, beaucoup plus fragmenté, regroupe la gestion des frais professionnels ou les titres de cadeaux. Le groupe est présent dans 40 pays et principalement au Brésil (24% du volume d’émission), en France (21%) et en Italie (15%).
Selon nous, à moyen terme la croissance interne du CA devrait se maintenir dans la fourchette de 6/14% avec une progression de 9% par an pour 2011 à 2013 des volumes de titres émis. Toutefois, nous révisons légèrement en hausse nos prévisions pour la zone Amérique latine, notamment avec le lancement de Ticket Frete (dépenses liées aux déplacements professionnels) et nous abaissons celles pour l’Europe, où les tarifs ne peuvent pas être beaucoup relevés dans un contexte difficile du marché du travail. Nos estimations de REX pour 2012 et 2013 sont réduites de 5% pour tenir compte 1) d’un surcroît de coûts dans le numérique (EUR 4 m), 2) de coûts additionnels dans le développement de produits (EUR 4 m), 3) d’effets de change négatifs (EUR 5 m), 4) du faible niveau des taux d’intérêt qui pèse sur les revenus de la trésorerie. Nos estimations de BPA sont, quant à elles, révisées en baisse de 6.5% pour 2012 et de 4.0% pour 2013. Depuis le 11/10, le titre a progressé de 6.7% et a surperformé le marché d’actions. Ceci étant, nous maintenons une opinion positive, en soulignant le dynamisme de l’activité en Amérique latine et l’effet positif de la numérisation en cours des titres de services

SWATCH GROUP dispose d’un certain nombre d’atouts qui devraient lui permettre de se démarquer de ses concurrents en termes de résultats (croissance organique du CA de 13.5%/an en moyenne sur 2011/13E, progression de 200 pb de la Mop d’ici 2013E, à 25.5%) : 1) un portefeuille de marques prestigieuses et complémentaires, couvrant tous les segments de marché et de prix, 2) une exposition solide à la clientèle des marchés à fort potentiel de croissance (33% du CA total réalisé en Chine, 6% dans le reste de l’Asie, 11% au Moyen-Orient), et 3) l’intensification progressive de son propre réseau de distribution par l’exploitation de magasins en nom propre (meilleur contrôle de l’image des marques du groupe, amélioration de la marge par montre vendue), le commerce de détail ayant vocation à représenter 30% du CA à moyen terme (vs seulement 15% actuellement), selon les objectifs fixés par le groupe.
- A cela s’ajoute la position de quasi-monopole du groupe dans le secteur de la production des mouvements (70% du marché mondial) et des composants horlogers, qui lui confère un avantage concurrentiel certain par rapport à ses concurrents. En plus de garantir la solidité et la crédibilité de chacune des marques du groupe, ce haut degré de verticalité de la production constitue une barrière à l’entrée efficace, qui devrait prochainement se matérialiser encore davantage avec la décision de l’horloger suisse de cesser à terme d’approvisionner les marques tierces, les forçant de fait à investir rapidement et massivement dans leur propre capacité de production. – La solidité de la structure financière de Swatch Group (trésorerie nette de CHF 2.7 md E à fin 2011, CHF 3.2 md E à fin 2012) devrait lui laisser une marge de manœuvre confortable pour procéder à d’éventuelles acquisitions.
-  Le titre présente un potentiel de valorisation attractif par rapport aux concurrents

UNIBAIL-RODAMCO

La publication récente de plusieurs indicateurs utilisés pour l’indexation annuelle des loyers fournit une bonne visibilité sur nos estimations de cash-flow par action, ce qui renforce notre prévision d’un dividende de EUR 8.00 par action au titre de 2011E, soit un rendement de 6.3%. L’indexation devrait également impacter l’actif triple net réévalué (3NAV) dès fin 2011 et conduire à un 3NAV de EUR 127 par action en 2012E. Par ailleurs, nous pensons que le groupe dispose d’un excellent accès au financement pour profiter des cessions d’actifs en difficulté en 2012. Opinion positive maintenue. Objectif de cours de EUR 150.00.

Je vous donne rendez-vous au 31 janvier 2012 et vous présente tous mes  vœux pour 2012.

Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de Crédit Agricole SA ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.

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Dans un contexte économique et financier tant chahuté, le Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne, leader sur le marché de la clientèle « Haut de Gamme », s’applique,  à  travers ses 4 Banques Privées, installées sur l’ensemble du Territoire (agences à  Bayonne, Pau, Tarbes et Auch) à trouver un subtil équilibre entre expertise patrimoniale et proximité relationnelle.

Ces quatre banques, récemment installées (Mai 2009),  ont une obsession : être le pivot d’une relation privilégiée, avec la profonde conviction, que c’est ce qui fait et fera la différence.

Cette continuité relationnelle s’est ainsi exprimée, de façon renforcée,  cette année, à travers des démarches évènementielles régulières et séduisantes, où bon nombre de nos clients ont répondu à l’appel. Nous retiendrons en juin un événement majeur :

Les patrimoniales. Cette manifestation qui s’est tenue au Palais Beaumont à PAU a permis à plusieurs centaines de clients de s’informer sur neuf thèmes patrimoniaux d’actualité. Bien d’autres évènements ont eu lieu parmi lesquels :

-   Organisation de  petits déjeuners d’information clients, sur l’actualité économique et fiscale, sur l’immobilier, sur la transmission du patrimoine … qui  ont ainsi réuni plus de 500 clients.
-   Participation   de 18  Clients à la Compétition mixte Professionnels Amateurs :  «  les  Makilas   du Golf »   sur les Greens d’Hossegor, Anglet Chiberta, Biarritz Le  Phare et Bassussary.
-   Participation  de 27 clients à la Compétition du Golf d’Arcangues dotée de superbes balles  logotées “Crédit Agricole, Banques Privées”.
-   Le Golf de St Jean de Luz Chantaco accueillait également plus de 60 golfeurs émérites.
-   Plus de 20 Clients également ont été accueillis aux Loges des Club de l’Aviron Bayonnais et du Biarritz Olympique.
Et enfin, pour bien clôturer l’année écoulée, de façon tout aussi enjouée, une bonne vingtaine de clients ont visité les Vignes et Châteaux des Domaines Clarke et Lynch Baches, rencontré et échangé avec les maîtres de chai, dégusté les meilleurs crus, déjeuné dans les salons privés d’Edmond et Nadine de Rothschild.
Un pur enchantement, renouvelé chaque  année depuis la création des Banques Privées !

Un mode d’expression, pour remercier nos clients de leur  plus fidèle confiance.

Nous sommes convaincus que la proximité et l’accessibilité jouent un rôle essentiel dans la relation  bancaire que nous entretenons avec vous, chers clients.

N’hésitez pas à solliciter votre conseiller pour profiter, vous aussi, de ces évènements.

Vos Banques Privées, vous souhaitent de très belles fêtes de fin d’année.

Marie Annick Mourguiart  / Directeur Banque Privée Bayonne

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Dans notre dernier article nous évoquions la réduction de l’ISF et les mesures visant à compenser le manque à gagner pour l’Etat. Mais dans la réalité, les gains annuels consentis sur l’ISF compensent-ils la réforme des droits de donation et de succession ?

Le tableau ci-dessous présente le nouveau  barème de l’ISF applicable à partir de 2012.

Valeur nette taxable du patrimoine Tarif applicable
Inférieure à 1 300 000 € 0%
Comprise entre 1 300 000 € et 3 000 000 € 0.25%
Egale ou supérieure à 3 000 000 € 0.50%

Il est considérablement simplifié : 2 tranches, 2 barèmes, un système de décote pour amortir  les effets de seuils, taxation dès le 1er €, simplification des démarches déclaratives pour les patrimoines taxables entre 1.3 millions €, et 3 millions €. Sur ce dernier point, il s’agira de remplir une seule case donnant la valeur déclarée de son patrimoine sans le justificatif détaillé. Dans la pratique nous vous conseillons de faire cet inventaire et d’en conserver la justification au moins 6 ans notamment pour les patrimoines proches des seuils 1.3 m€ et 3 m€. En effet, Il convient de garder à l’esprit que l’administration fiscale peut vous demander sous 30 j de justifier le montant de votre patrimoine et que le délai de prescription passe de 3 à 6 ans.

Avec ce nouveau barème, L’ISF  se trouve apparemment considérablement allégé.

Patrimoine taxable Situation précédente Situation nouvelle Différence
1 300 000 € 2 750 € 1 500 € 1 250 €
6 000 000 € 52 435 € 30 000 € 12 435 €
15 000 000 € 194 950 € 75 000 € 119 950 €

En parallèle de la réduction d’ISF les droits de donation et de succession ont été alourdis de 5% sur leurs deux dernières tranches pour les successions et les donations consenties en ligne directe ainsi qu’entre époux et pacsés. Ils passent de 35% à 40% pour la fraction comprise entre 902 838 € et 1 805 677 € et de 40% à 45% au-delà de 1 805 677 €.  A cette mesure il convient d’ajouter la suppression des réductions liées à l’âge du donateur et le passage de 6 à 10 ans du renouvellement de l’abattement.

Exemple de la réforme de l’ISF et des droits de donation sur le patrimoine d’une personne de 65 ans avec 2 enfants (source : Cabinet Stoloff/L’Agefi Actifs).

Patrimoine 5 millions 10 millions
Avant réforme Après réforme Avant réforme Après réforme
ISF 39 435 € 25 000 € 112 450 € 50 000 €
Gain annuel d’ISF 14 435 € 62 450 €
Droits de donation 477 172 € 868 180 € 1 226 948 € 2 171 680 €
Coût de la réforme 391 008 € soit 27 ans de gain d’ISF 994 732 € soit 15 ans de gain d’ISF

Grâce à ce tableau on s’aperçoit que les gains annuels d’ISF réalisés ne compenseront pas à coups sûrs les mesures sur les droits de donation et de succession.

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La loi de Finances votée au printemps a allégé l’ISF. Pour financer cette mesure le gouvernement a alourdi pour les plus fortunés les droits perçus lors d’un héritage, lors de donations ou du règlement d’un important contrat d’assurance vie.

Pour les donations, trois principales mesures sont entrées en vigueur le 31/07/2011.

Tout d’abord, le délai de rappel fiscal des donations repasse à dix ans. Depuis 2006, ce délai avait été abaissé de dix ans à six ans. Ainsi, vous pouviez par exemple  transmettre en franchise de droits tous les six ans suivant les liens de parenté les sommes suivantes (barème 2011) :

Parenté Montant en €
Parent à enfant 159 325
Entre époux 80 724
Entre Pacsés 80 724
Grand parent à petit enfant 31 825

Ce délai repasse donc à dix ans avec pour conséquence que les donations qui avaient entre six et dix ans avant le 31/07/2011 seront réintégrées dans le calcul des droits de mutation en cas de décès du donateur ou en cas de nouvelle donation. Pour en atténuer l’impact, un mécanisme de lissage est mis en place, il s’agit d’un abattement appliqué sur la valeur de la donation  à hauteur de : 10% si la donation a entre 6 et 7ans, 20% entre 7 et 8 ans, 30% entre 8 et 9 ans, 40% entre 9 et 10 ans.

Prenons un exemple. Un parent à donné 50 000 € à son fils en janvier  2004, le donateur décède en décembre 2011. La donation est dans sa huitième année, elle a moins de dix ans, elle doit être réintégrée à la succession pour le calcul des droits mais bénéficie d’un abattement de 20%.
Elle sera donc rapportée à la succession pour  40 000 €.

La deuxième modification  est la suppression des réductions de droits liées à l’âge du donateur. Avant le 31/07/2011 le barème du tableau ci-dessous était appliqué, il favorisait les donations précoces.

Type de donation Age du donateur
-        De 70 ans De 70 à 80 ans + de 80 ans
Donation en nue propriété 35% 10% 0%
Donation en usufruit 50% 30% 0%
Donation en pleine propriété 50% 30% 0%

Cet avantage est donc supprimé.

Troisième modification : le relèvement du barème des droits de donation.
Le taux des deux dernières tranches applicable aux donations (et aux successions) en ligne directe ainsi qu’entre époux ou entre partenaires liés par un PACS est  relevé de 5 %.

Voici les nouveaux tarifs applicables en ligne directe

Fraction de part nette taxable (après abattement) Tarif
< 8 072 € 5%
Entre  8072 et 12 109 € 10%
Entre  12 109 et 15 932 € 15%
Entre  15 932  et 552 324 € 20%
Entre  552 324 et 902 838 € 30%
Entre  902 838 et 1 805 677 € 40%
>  1 805 677 € 45%

Ces mesures touchent les patrimoines importants et c’est en cela qu’elles permettent à l’Etat de récupérer une partie des allégements faits sur l’ISF. Actuellement les discussions portent sur la réduction des abattements (premier tableau), en conséquence si vous avez un projet de donation n’attendez pas !

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