La croissance des pays émergents ne doit pas être considérée comme une menace, mais comme une opportunité pour les pays riches, a estimé l’OCDE (juin 2010), qui a réuni les Etats industrialisés lors du sommet du G20 à Toronto.
Le centre de gravité économique du monde a changé, soulignait le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques, Angel Gurria, dans un communiqué.
La croissance mondiale de la dernière décennie a ainsi été principalement tirée par les pays en développement, non par les pays riches, indique-t-il.
Or selon les calculs de l’OCDE, si la tendance se poursuit, les pays en développement représenteront près de 60% de l’économie mondiale d’ici 2030.
Loin d’être “une menace pour les pays occidentaux”, cette nouvelle donne “représente une énorme opportunité pour les citoyens des pays en développement mais aussi des pays développés”, estime Angel Gurria, citant de “meilleures perspectives commerciales” ou “une plus large base de consommateurs”.
Le G20 s’intéresse aussi aux relations entre les pays du Sud eux-mêmes, qui promettent d’être “l’un des principaux moteurs de la croissance au cours des prochaines années”, selon l’OCDE.
Ainsi entre 1990 et 2008, les échanges entre les pays du Sud ont été multipliés par plus de 20, quand les échanges mondiaux étaient multipliés seulement par quatre, souligne l’organisation.
Tout en réfléchissant à la reprise, le G20 ne doit pas perdre de vue d’autres objectifs comme la réduction de la pauvreté, estime aussi Angel Gurria.
Nous comprenons ici l’importance du développement économique de ces pays émergents représentés en premier lieu par la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil. Nous avons trop souvent l’impression unique que le «réveil économique» de ces pays est synonyme de délocalisation, concurrence « déloyale » (due notamment à une main d’œuvre bon marché) voir de production de faible qualité.
Et bien nous devons revoir notre position et tirer profit, comme l’explique le secrétaire général de l’OCDE, de ces nouveaux marchés. Ce sont des millions (voir milliards) de nouveaux consommateurs potentiels. Je ne prends qu’un exemple pour imager mes propos : la France est n°1 sur le marché du luxe; et bien, si le développement des pays émergents génère des richesses et qu’une partie de leur population (même minime en pourcentage) acquière un fort pouvoir d’achat (on parle souvent de nouveaux riches) cela ouvre des marchés comptant plusieurs millions de clients potentiels.
Je vais prendre 2 exemples plus « locaux » d’ouverture réussie sur les pays émergents:
- Les producteurs de Plaimont (Vins du Gers) font désormais partie de 10 plus importants exportateurs de vins en Chine, voient leurs exportations augmenter de 30% cette année et envisagent une hausse de 50% l’année prochaine.
- Second exemple, l’armagnac est aujourd’hui considéré comme l’alcool le plus luxueux en Russie. Un producteur ayant même eu l’idée de faire dessiner le flacon par un grand styliste français et ainsi vendre près de 5000 bouteilles (Russie et Chine) dont les plus chères sont parties au prix de 16000€ l’unité !!
Soyons prêts à conquérir ces nouveaux marchés, exportons notre savoir faire au travers de nos produits manufacturés de luxe, technologiques ou régionaux et sachons travailler intelligemment avec ces grands partenaires internationaux, marchés colossaux d’aujourd’hui et de demain.
Lilian MAUME







