Le 10 juin dernier, les 52 conseillers en Gestion de Patrimoine du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne accueillaient Isabelle JOB, Responsable du Département Macro Economie du Crédit Agricole venue donner son éclairage sur les conséquences de la crise financière Grecque.
Pour Madame JOB, le plan de stabilisation de 750 milliards d’euros écarte à court terme le risque de refinancement en zone euro comme semble le prouver la levée réussie ce jour de 3,5 milliards d’Euros de titres à 10 et 30 ans de l’Espagne sur les marchés financiers. Pourtant, le plan de stabilisation ne traite pas le problème de soutenabilité des dettes publiques à moyen terme. Il est question d’acheter du temps afin de permettre aux gouvernements de fournir les efforts budgétaires suffisants pour remettre les dettes publiques sur des trajectoires soutenables sans être sous le joug des marchés. En effet, si les marchés financiers ont salué cette mobilisation historique, ils n’arrivent pas à se défaire des inquiétudes persistantes sur la solvabilité des Etats-membres à plus long terme.
La zone Euro est comme prise au piège : sanction des marchés à l’annonce des plans d’austérité vu leurs effets récessifs sur la croissance et l’emploi mais sanctions aussi si les consolidations budgétaires sont jugées trop timides ou au contraire excessives. On comprend ainsi l’attentisme actuel des investisseurs. Pourtant quelques signaux positifs se font jour : D’abord, une croissance économique de la zone Euro qui faiblit mais qui ne rompt pas. Au premier trimestre 2010, la croissance de la zone Euro s’est établi à +0,2 % après une croissance nulle sur la fin de l’année 2009. Certes, les mesures d’austérité annoncées pourraient coûter 1 point de croissance pour 2010 et 2011 mais des facteurs de soutien à la croissance demeurent : politique monétaire durablement accommodante, dépréciation du change et demande soutenue des pays tiers de la zone Euro. Toutefois, d’après Isabelle JOB, la situation actuelle devrait avoir pour conséquence d’accroître les divergences au sein de la zone Euro. L’Allemagne devrait continuer de sur performer grâce au dynamisme de ses échanges extérieurs, stimulés par la baisse de l’Euro alors que l’Espagne, le Portugal, l’Italie et surtout la Grèce, pour qui la tache est titanesque et pour laquelle une restructuration gérée de sa dette n’est pas a exclure à moyen terme, devraient enregistrer une croissance moyenne négative en 2010 et sûrement en 2011. La France quant à elle devrait connaître une situation intermédiaire sans échapper pour autant au resserrement de sa politique budgétaire.
Pour Isabelle JOB, la crise Grecque est finalement un révélateur des faiblesses structurelles et politiques de la zone Euro, ce qui a naturellement conduit à une réappréciation du risque EURO. Les investisseurs ont ainsi réalisé qu’acheter de l’EURO ne consistait pas seulement à acheter du risque Allemand mais un éventail de risque allant du meilleur (Allemagne) au pire (Grèce).
La principale leçon à retenir de la crise Grecque, c’est qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Par le passé, l’histoire de la construction européenne s’est souvent écrite autour de crises sévères : la crise Grecque en est certainement l’une des plus significatives. Gageons qu’elle débouche au final sur des actions européennes plus coordonnées, plus rapides et plus ciblées, bref par plus d’Europe.
Rédigé par Christophe GALLEGO, Direcxteur de la banque Privée Tarbes, à partir des éclairages de Madame Isabelle JOB.








Je trouve ce “résumé” excellent. Tout est dans le “à court terme” qui ne peut que laisser perplexe sur la façon dont les marchés percevront la situation dans quelques mois. En effet, au delà de l’expression médiatique des bonnes volontés, on voit mal comment pourra s’inverser l’effet de ciseau entre la gestion allemande et celle des pays du Sud…