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greceDepuis le début de la semaine les marchés financiers sont en forte baisse, en cause le niveau des dettes publiques en Europe  et surtout celle de la Grèce qui apparaît désormais insoutenable.

 Quelle est la situation ? Voyons quelle attitude il convient d’adopter pour votre patrimoine.

 Les agences de notation très critiquées lors de la crise des “subprime” pour leur manque de visibilité et de réactivité ont frappé fort. L’agence Standard and Poor’s en dégradant le 23/04 la note de la dette grecque de 3 crans a placé le pays en situation de quasi insolvabilité. Les taux grecs sont montés à 8%, puis à 11% mardi et jusqu’à 16%  alors que l’Allemagne dans le même temps pouvait emprunter à 3,1%. La pression s’est étendue à deux autres pays : dégradation de 2 crans pour le Portugal et d’un cran pour l’Espagne. La note de ces deux pays  reste bonne notamment pour l’Espagne. L’ensemble de la zone Euro subit une attaque spéculative sur les taux et se trouve ainsi sous pression avec l’obligation de trouver avec l’aide du FMI des solutions pour sortir à court terme la Grèce de sa situation financière et à moyen terme pour réduire de manière drastique les dépenses publiques. L’enjeu est de corriger les déficits, assainir les finances publiques, ceci passe par la remise en cause des systèmes existants.

Les entreprises en première ligne sont les assureurs. En effet ils investissent en moyenne plus de 30% de leurs actifs dans les obligations d’Etats qui représentent  la meilleure signature. C’est cette signature qui est aujourd’hui remise en cause pour le cas de la Grèce. Parmi les assureurs,  les italiens sont les plus exposés à la dette grecque.

A côté des préoccupations européennes, l’économie mondiale montre de plus en plus de signes de reprise.

L’économie émergente a retrouvé voire dépassé son niveau d’avant la crise, la croissance est supérieure à 10% en Chine, les risques de surchauffe amènent le gouvernement à limiter le crédit et à prendre des mesures pour enrayer la bulle immobilière.

Aux USA plusieurs indicateurs sont positifs : l’immobilier neuf progresse, les prix de l’ancien après une chute de 30% par rapport au point haut de 2006 se stabilisent, mais c’est surtout la création de postes qui repart. 120 000 emplois crées en mars, entre 100 000 et 200 000 sont prévus pour avril et un niveau supérieur à 250 000 est attendu pour les mois suivants. Grâce à l’emploi, la confiance des consommateurs est remontée  de 52 à 59% le mois dernier.

 En Europe même si des signes de reprise sont présents nous ne sommes pas sur la même dynamique. Les problèmes de dettes occupent le devant de la scène. Cette situation va nous conduire  à une hausse des taux longs qui peut  remettre en cause la reprise. Nous sommes dans la dernière phase du processus,  la Grèce doit trouver 45 mds par an, elle doit rembourser dès le 19 mai 9 milliards d’€. L’Allemagne où des élections difficiles pour la coalition au pouvoir auront lieu le 9 mai,  retarde sa prise de décision.
La prime de risque sur l’Euro provoque une dépréciation forte de notre monnaie, qui vient de perdre 10% en revenant à 1,31 dollar pour 1 €, elle pourrait aller jusqu’à 1,25 voire 1,20 $ pour un 1 €.
L’affaiblissement de l’Euro redonne de la compétitivité aux pays exportateurs européens, il est pour l’Allemagne et pour la France un facteur de croissance.

L’économie mondiale avance donc à trois vitesses : très fort développement pour les Emergents, reprise qui se confirme aux USA mais avec un niveau de chômage qui reste très haut (10%), croissance faible en Europe remise en cause par les dettes publiques.

Le problème des dettes est structurel, il va nécessiter plusieurs années pour se régler et  générer des phases de tension telle que celle actuellement vécue. Il s’agit d’une négociation entre les prêteurs et les gouvernements sur un plan de réformes. La Grèce doit ainsi s’engager à réduire son déficit de 10% en 2 ans! 

Deux scénarii cohabitent : un scénario noir dans lequel les pays en extrêmes difficultés sortent de la monnaie unique et un scénario moins dur dans lequel les pays sont aidés et corrigent de manière durable leurs déficits.
Même si dans les dernières semaines la probabilité du scénario noir qui remet en cause la reprise mondiale  s’est très fortement renforcée, nous privilégions à court terme le second scénario.
Dans ce contexte nous prévoyons cependant une réticence des prêteurs privés à  alimenter les Etats provoquant une hausse des taux longs. Les indices boursiers devraient continuer à évoluer en forme de tôle ondulée.
Si nous dépassons les problèmes de dettes et si des mesures crédibles sont prises nous devrions avoir une année positive sur les  marchés actions.

Pour votre patrimoine, il convient de renforcer la partie sécurisée sur les produits tels que les plans, livrets et dépôts à terme.
Pour les obligations, il convient de s’orienter vers des obligations d’entreprises, pour les actions de rechercher des performances dans les pays émergents.
Sur le patrimoine existant il convient de sécuriser  les plus values obligataires et actions.

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10 réponses à to “Tension sur l’Europe”

  • villeneuve dit :

    beau résumé de la situation, mais nous avons l’impression qu’il y a beaucoup de si!

  • Bernard dit :

    Bonjour,
    C’est vrai, il y a beaucoup de si, mais bien sûr ce texte n’a pas l’ambition de prédire l’avenir. Cependant deux choses sont sûres : 1 : il va falloir rembourser les dettes et 2 : parmi les innombrables scénarios possibles ceux esquissés ici ne se produiront pas!
    Je vous souhaite une bonne journée.

  • michel dit :

    ok pour le constat precis avec un bemol,l’allemagne ne soufre pas de la dette publique moins forte chez eux et exporte enormement malgre l’euro fort ce qui veut dire qu’ils sont trees performants et qu’ils ont anticipe avec les salaries et les patrons les problemes en acceptant de reduire leur salaires et charges depuis longtemps.les syndicats et patrons sont tres intelligents eux au moins pas comme chez nous pays donneurs de lecons et raleurs!!.mais si le gaspillage de l’etat ,train de vie des retraitres de deputes et ministres a vie ,des millions donnes a la BCE et FMI etait distribues pour le peuple et la relance de la consommation nous irions mieux.mais des milliards pour les banques la on les trouvent,,bizarre.si les 10% de produits derives et paradis fiscaux que les banques et autres etaient traques et punis tres tres severement le capitalisme pourrait enfin redevenir le formidable moteur de kla croissance mieux distribuee

  • aimé dit :

    quoi qu’il en soit, est ce que la valeur “réelle” de l’action crédit agricole correspond à son niveau actuelle ? ou n’y a t’ il pas une sous-évaluation spéculative sur les valeurs des actions bancaires françaises en général en ce moment de crise ?

  • Chicault dit :

    l’economie doit être au service des politiques et non l’inverse. Les taux trop bas n’incitent pas l’investissement,et produisent la récession. la politique en matière d’inflation de la BCE est trop dure et les économies européennes
    en souffrent 3% du pib est trop contraignant et on le voit avec la grèce, incite à masquer la réalité. un contrôle s’impose en tenant compte des spécificités propres à chaque état .
    c’est pas nouveau trop d’impôts, tue l’impôt.” raymond barre”
    , je pense qu’une inflation contrôlée autour de 5% permettrait une large reprise Euopeenne
    Il faut redonner du pouvoir d’achat aux ménages .c’est le principe de la pyramide pour la conssomation ,la base de cette pyramide c’est la demande des menages, le commerce interieur, voilà la base de la pyramide! saper cette base et l’édifice va se fissurer voire s’écrouler.
    IL est grande temps de relancer la dynamique économique ,si ce n’est pas trop tard? rappelons nous de l’essor pris, après 1968, quand les salaires ont été réévalues.L’attente actuelle et le larasme qui en découle profite à qui ? Voilà la vraie question!!!

  • Bernard dit :

    Bonjour,
    Je ne peux pas bien sûr donner un avis sur l’entreprise qui m’emploie. Cependant les grandes banques françaises viennent de perdre en quelques jours plus de 30%. La principale raison vient de la crise grecque et plus globalement de la dégradation de la qualité de la dette des pays de l’Europe du Sud. Les banques françaises disposent de réseaux dans ces pays et sont donc exposées à des provisions sur les risques et à des pertes. Crédit Agricole est implanté en Grèce avec Emporiki, au Portugal avec Espirito Santo, en Espagne avec Bankinter et en Italie avec Cariparma.
    Une autre raison à la baisse des valeurs bancaires trouve son origine dans les projets de nouvelles régulations qui devraient réduire les bénéfices des banques. Diverses mesures sont à l’étude : le renforcement des ratios de liquidité, la taxe FMI et la régulation des marchés dérivés. En ce qui concerne cette dernière mesure Crédit Agricole a déjà anticipé en réduisant sont activité sur les dérivés d’actions complexes.
    Je vous remercie pour votre commentaire et je vous souhaite une très bonne journée.

  • Gilles dit :

    La France est un vieux pays qui vie sur ses acquis, mais pour combien de temps encore ?
    En 1968 quand les salaires ont été réévalues, les entreprises Française ont retravaillé.
    En 2010 les voitures française sont fabriquées en Slovaquie( Europe)les pommes viennent du Chili et les poires de Chine, même les services après vente sont en Afrique du nord.
    Si l’on veut se relever, il faut vendre plus que l’on achete.
    Les USA utilise un protectionnisme déguisé pas de Roquefort, pas d’importation acier de viande etc..
    Va t on utilise la protection de l’environnement, pour faire nous aussi du protectionnisme ?
    Le français achète le moins cher, a force d’acheter le moins cher il achète de la “merde” made in “travaille pour un bol de riz”. Nous, on ne peut pas faire de la qualité a bas prix.
    Le consommateur allemand et américain regarde où le produit a été fabriqué avant de l’acheter, il prèfaire un produit de chez lui même s’il est un peut plus cher. Est ce un exemple a suivre ?
    Si un pays refait du protectionnisme beaucoup d’autres vont en faire, on sait ou cela conduit.
    Je ne suis pas un expert ni en économie ni en consommation,mais je pense poser les bonnes questions.

  • Saubion dit :

    Nous voyons dans les divers commentaires que la RFA s’en sort differement des autres pays europeens, et je voudrais souligner que l’une des reponses, voir la principale, est la TVA sociale . Si on veut proteger son industrie, il n’y a que deux moyens, soit le protectionisme, soit la TVA sociale ; en effet, elle permet de reduire les charges sociales qui pesent sur l’emploi, et de les repercuter sur les produits d’où qu’ils viennent . Nous le voyons sur des courbes que vous pouvez lire par exemple sur L’expansion, le prix de la main d’oeuvre est maintenant bien moins cher en Allemagne qu’en France, pourquoi, parce que leur couverture sociale n’est plus basee uniquement sur les emplois , mais sur les produits qui se vendent en Allemagne (idem au Danemark). Ainsi, si vous vendez un marteau aux Allemands, vous contribuez au systeme social Allemand . En france, si vous voulez echapper aux charges sociales quand vous etes un patron,il suffit de delocaliser . Avec la Tva sociale, delocalisé ou pas, vous contribuez de toute façon au financement du systeme social . A ceux qui diraient que la Tva sociale serait un impot injuste, je repondrais qu’il ne faut pas ignorer comment se constitue un prix, avec la notion de prix psychologique lesquels sont determines tva incluse . Par exemple les chaussures Nike reviennent a 5 ou 10 euros a la sortie d’usine en Chine et sont revendues à 90 ou 100 euros, ou le litre de lait qui coute 15 ou 20 centimes et qui est revendu pas loin de 1 euro . On voit ainsi qu’avec la Tva sociale, les charges sur les produits fabriques en france pourraient etre bien moindre, ce qui nous permettrait d’etre bien plus competitifs à l’export, et il n’y aurait pas de majoration des prix en France . En outre, ceci resoudrait les problemes de deficit de nos systemes sociaux, puisque tous les produits vendus en France contribueraient .

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