Aujourd’hui, dans le cadre de la semaine du développement durable je vous propose l’interview de M Fulan (client du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne) avec qui nous allons aborder le sujet des énergies renouvelables pour un particulier.
M Fulan, quelles réalisations avez-vous fait dans votre maison ?
Ma maison, très économe en énergie, a un peu plus de 25 ans; elle est orientée sud légèrement est. Complètement ouverte au sud, elle possède un chauffage central gaz avec une chaudière à condensation.

J’ai installé début 2004 un chauffe-eau solaire pour un investissement de 5000 €, puis une centrale photovoltaïque en septembre 2007 de 15 m2 d’une valeur de 16 000 €. L’eau chaude solaire dessert bien sûr le sanitaire, mais elle est également connectée au lave-vaisselle et au lave linge. Ainsi ces deux appareils limitent la consommation électrique pour chauffer l’eau. La centrale photovoltaïque est en surexposition, l’énergie produite revendue à EDF.
Au plan financier j’ai bénéficié d’un crédit d’impôt sur le chauffe-eau de 40% sur le matériel soit 1500 € et d’une aide de la région de 900 €. Pour le photovoltaïque le taux étant passé à 50%, j’ai obtenu un crédit d’impôt de 6500 €.
Quelle est votre facture énergétique ?
Globalement électricité + gaz représentent 900 €, je facture à EDF suivant les années entre 700 et 800 €, vous voyez c’est presque neutre.
Quelles furent vos motivations pour ces projets ?
Trois motivations sont souvent mises en avant pour l’installation de systèmes d’énergies renouvelables. L’aspect financier sous les angles défiscalisation et rapport financier généré par la revente de l’énergie, le côté énergie renouvelable et enfin la transformation de gaspillage en travail.
De gaspillage en travail ? Que voulez-vous dire ?
Eh bien, prenons un exemple. Vous installez un chauffe-eau solaire, il s’agit d’un équipement qui va éviter d’utiliser directement ou indirectement une énergie fossile ou nucléaire pour chauffer de l’eau. Pour faire cette transformation on a fabriqué le matériel et pendant une semaine plusieurs personnes vont travailler chez vous pour mettre en service cette installation. Vous avez donc bien transformé de manière durable un gaspillage (énergie fossile ou nucléaire) en travail.
Parmi ces motivations laquelle a votre préférence ?
En ce qui me concerne c’est la dernière que je viens de développer qui me motive le plus, car je crois que nous avons vraiment besoin de créer du travail. La seconde, presque à égalité c’est le développement durable. Dans la communication, tous les aspects doivent être présentés pour que chacun adhère à sa manière. La monoculture née de tarifs de rachat élevés provoque actuellement une orientation très forte vers le photovoltaïque alors que bien souvent il faudrait, pour un particulier commencer par le chauffe-eau solaire très efficace en terme d’énergie renouvelable. 5m2 de panneaux solaires thermiques équivalent à + de 15 m2 de photovoltaïque (2500 KW annuels) pour un prix 3 fois inférieur.
Voyez-vous d’autres freins ?
Oui. Même si tout paraît simple, beaucoup de personnes attendent une explication, elles veulent comprendre. La différence entre solaire thermique et le photovoltaïque pour beaucoup n’est pas évidente. Qu’est ce qui se cache derrière les installations ? Quel entretien ? A quoi ça sert ? … Je m’aperçois que les personnes qui m’interrogent sur le matériel se trouvant sur mon toit ne trouvent pas toujours les explications, ou n’osent pas demander.
Quel avenir voyez-vous à ces réalisations ?
Même si les solutions énergétiques vont beaucoup évoluer, de nouvelles techniques apparaître, les rendements augmenter, je pense vraiment que les systèmes individuels ou collectifs sont dès maintenant une des réponses aux problèmes de l’énergie et du développement durable. Quand je regarde les projections sur les sources d’énergies dans le futur, je suis frappé par la très faible place qu’occupe le renouvelable, il couvre à peine les besoins supplémentaires. Dans l’état actuel des connaissances, ce diagnostic est insoutenable principalement par l’impact sur le dérèglement climatique. Je crois donc que l’installation massive de systèmes individuels et collectifs peut faire bouger ces courbes.
Comment ?
L’intérêt de cette production est qu’elle est consommée, utilisée sur place. Ce point est très différent de la plupart des autres sources d’énergies de type électrique. Vous savez certainement que l’électricité produite en France est principalement d’origine nucléaire (je ne suis pas opposé au nucléaire). Si nous regardons notre région, deux grandes centrales font la base de l’alimentation électrique : Golfech et Braud St Louis. Ces centrales produisent de la chaleur pour faire tourner une machine à vapeur, l’énergie est ensuite acheminée par des lignes à très hautes tensions vers les lieux de consommation notamment à Toulouse et Bordeaux. Il faut savoir que le rendement optimum d’une machine à vapeur est de 35% et que les pertes en lignes pour le transport énormes. Et que dire des déchets ! Nous devons donc réfléchir, et nous impliquer dans d’autres solutions.
Et la suite ?
Nous sommes au début, nous allons voir exploser les technologies, baisser les prix, les rendements s’améliorer. Beaucoup de choses peuvent déjà être faites. Prenons un exemple : le rendement d’un panneau photovoltaïque est lié à sa chaleur, il baisse d’1/2 % pour chaque degré d’élévation de sa température. Alors pourquoi ne pas imaginer un panneau qui combine photovoltaïque et refroidissement par un fluide qui chauffe de l’eau pour le chauffage en hiver et pour l’eau de la piscine en été.
Beaucoup mieux qu’une pompe à chaleur non ?







