Développement durable, responsabilité sociale, moralisation de la finance, recherche de l’intérêt commun…, tous ces thèmes font florès, plus particulièrement depuis le déclenchement de la crise financière. De plus en plus les investisseurs s’interrogent sur l’impact du comportement et des actions des entreprises sur l’équilibre entre l’économique, le social et l’humain, l’environnement. Ces préoccupations rejoignent ainsi celles du mutualisme, pour qui les notions d’engagement, de solidarité, d’utilité sociale, de développement et de partage constituent des lignes directrices qui guident les décisions et les actions de tous ceux qui se reconnaissent dans ces valeurs. Dans cette démarche, une question qui se pose est celle du choix du support d’investissement pour un placement que l’on souhaite en accord avec ces fondamentaux. L’investissement socialement responsable (ISR) peut constituer une réponse à cette recherche.
Que sont les placements éthiques ?
Leur apparition dans les années 1920 aux Etats-Unis visait à permettre un engagement des épargnants soucieux de défendre des valeurs morales et le respect de l’éthique. Ainsi, dans les années 1980, des communautés religieuses ont banni de leur univers d’investissement des secteurs d’activité moralement répréhensibles. L’approche s’est ensuite élargie et a dépassé le seul cadre des valeurs morales. Ainsi, mettant davantage l’accent sur le développement de politiques respectueuses de l’environnement et de l’éthique sociale au sein des entreprises, les Nations Unies ont lancé en 2006 les Principes de l’ISR dont la démarche consiste à responsabiliser les investisseurs institutionnels en pointant les engagements auxquels ils pourraient souscrire. Il s’agit alors de sélectionner les entreprises selon des critères complémentaires de nature extra-financière et basés sur la politique sociale, les valeurs éthiques, les préoccupations environnementales, les règles de gouvernance.
Les différentes pratiques
Les placements d’investissement socialement responsable recouvrent plusieurs types de fonds : les fonds éthiques, relevant d’un principe de sélection par exclusion, les fonds thématiques, basés sur une démarche positive mettant en relief des thèmes particuliers, les fonds de développement durable qui proposent, à partir d’une approche positive et multicritères, de retenir les entreprises qui répondent le mieux aux enjeux environnementaux, sociaux, de gouvernance… (gestion best in class» et approche best effort). La typologie fait apparaître deux autres catégories de fonds, procédant d’une démarche quelque peu différente : les fonds solidaires qui visent à financer des projets à but social ou environnemental et font appel à un engagement plus fort de l’épargnant, et les fonds de partage, dont une partie des revenus est reversée à une organisation caritative ou d’intérêt général. Le fonds CAAM AFD Avenirs Durables, qui contribue au financement de projets d’aide au développement de pays du Sud dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, du soutien à la croissance et de la protection de l’environnement, en est un exemple.
Motivations sous-jacentes : recherche d’une performance financière ou d’un bénéfice social ?
Deux approches peuvent motiver l’investissement dans des fonds socialement responsables. La première procède de l’idée selon laquelle une entreprise qui non seulement offre un traitement plus favorable des différentes parties prenantes mais est en outre mieux préparée aux changements de paradigme environnemental et social, favorise un cadre propice à une meilleure productivité et détiendra un avantage compétitif sur ses concurrents qui lui permettra de créer de la valeur. La seconde, d’orientation davantage altruiste, considère que les entreprises ne prennent pas en compte l’ensemble des impacts produits par leurs actes et que des effets négatifs peuvent être subis, en particulier par les générations futures, que les pouvoirs publics ne parviennent pas toujours à enrayer (exemple de certaines pollutions). Ainsi, en choisissant de ne pas allouer de fonds dans des projets n’étant pas identifiés comme socialement responsables, le coût du capital des sociétés en question est renchéri et les entreprises sont progressivement incitées à prendre en compte dans leurs décisions ces dimensions éthiques et environnementales. Pour aller plus loin dans cette démarche, des économistes (C. Gollier, Toulouse School of Economics, Chaire Finance Durable et Investissement Responsable) proposent de définir ce qu’est un projet socialement responsable en évaluant des impacts sur le bien-être collectif. Il s’agit de monétariser ces impacts en attribuant un prix aux valeurs extrafinancières et d’effectuer une analyse coûts sociaux – avantages sociaux. Si un gain social net en découle, alors le projet pourra être considéré comme socialement responsable et conduisant au meilleur usage du placement financier effectué.
Si l’optimisation du rapport rendement/risque reste un critère d’analyse, les dimensions sociale, humaine, environnementale prévalent dans le choix de ce type de placement et il n’existe pas de raison à la surperformance de ces fonds. L’adoption d’une démarche active s’inscrivant dans la prise en compte des enjeux environnementaux et dans un souci de participer aux évolutions du modèle socio-économique, l’allongement de l’horizon de placement des investisseurs sont autant de facteurs qui devraient permettre aux épargnants de trouver au travers de ces fonds une réponse à leurs attentes.
Florence Touya Gestion actif passif
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Voici pour exemple un portefeuille de risque moyen.








