JIM, c’est l’histoire d’une rencontre improbable vendredi dernier, au sein d’un village gersois plongé dans la chaleur d’une fin de journée estivale… Comme il est de tradition sur cette terre généreuse, cette rencontre démarre par un accueil dont la Gascogne conserve le secret : autour d’une table, d’un verre, plusieurs horizons se présentent, se découvrent, se racontent parfois. On y retrouve des amateurs éclairés de jazz et d’autres, comme moi, pour lesquels toute la culture musicale jazz reste à faire.
Et puis soudain, JIM se révèle à chacun, opérant toujours avec cette magie caractéristique des moments rares. Ce soir là, ce fut sous la forme d’un grand monsieur, vêtu d’une chemise rouge qui, d’un seul coup, enflamme la scène. Du haut de ses 80 ans passés, il impose à une assistance conquise un rythme infernal, enchaînant, avec ses musiciens, les morceaux et les improvisations, sans même attendre la fin des applaudissements. Une leçon exceptionnelle de virtuosité, d’imagination, d’audace, de vitalité, de joie, de malice aussi… Celui dont seules les notes, l’une après l’autre, semblent renouveler une énergie insatiable, offre pendant près de deux heures aux 7.000 spectateurs présents, une rencontre d’une rare intensité et d’une rare émotion.
Vous l’avez reconnu ? JIM, c’est Jazz In Marciac, l’un des temples de la musique dans le monde, où viennent se produire parfois ces derniers monstres sacrés du Jazz, de ceux que l’on nomme encore pudiquement des Géants. Et vendredi soir, pour quelques clients privilégiés de notre Caisse Régionale et de son Club Privilège, c’était la rencontre avec Sonny Rollins, l’un des plus grands saxophonistes de l’histoire du jazz, qui depuis plus d’un demi-siècle, nous offre de partager ce que seule la musique sait offrir d’émotions fortes. Merci et chapeau bas…
François Miginiac




